De quel feu brûle donc Monette Loza ?

Elle crépite, bouge, vibre, invente, embrase,
Son prénom répand une douce chaleur,
Son nom jaillit
Comme une flamme impétueuse, indomptable.

Repos connaît pas.
Toujours en partance, pour une heure ou pour un mois,
Ou rentrant le temps d’une soirée,
D’une rencontre,
D’un spectacle.

Entre ces deux instants,
Elle a, toute sa vie,
Dansé ou fait danser les autres.

La danse la dévore, vivante,
Et toujours renaissante des cendres
De la chorégraphie de la veille,
Phénix aux plumes de spatule
Que tant aiment les dieux des Aztèques,
Mais aux serres de faucon.

Monette a la rigueur des primadonne
Et des moniales,
Elle exige beaucoup des autres,
Mais plus encore d’elle-même,
Tendue comme le bois de l’arc,
Preste et perçante comme la flèche.

Elle peut, tour à tour, sclupter un adage et rythmer un blues,
Enchante un andate et faire sonner des claquettes,
Elaborer une variation et réussir un ensemble,
Passer du Lac des Cygnes aux soubresauts du post-modern,
Et de Béjart qu’elle rencontra à quinze ans,
A tel cabaret où les belles de nuits allument de beaux mecs.

Tout est possible à Monette,
Sauf une vulgarité ou la bêtise,
Sauf l’amateurisme,
Sauf le contraire de l’amitié et de l’amour.

Tout est possible à Monette,
Même faire se rencontrer des mondes,
Même rêver que la danse améliore,
Transforme, transfigure le monde.

Jacques Franck